stop au TAFTA

3 April 2015 5:00 pm

 

Que l’on se rassure, la Commission Européenne est claire dans ses déclarations : le TAFTA* ne conduirait pas à un abaissement des normes en Europe. Bon c’est ce qu’ils disent pour faire passer la pilule mais il ne s’agit rien moins que d’un vœu pieux, allant à l’encontre totale des intérêts des grosses entreprises américaines qui cherchent à envahir le marché européen et qui mettent tous les moyens pour arriver à leurs fins.
Il est vrai qu’en matière alimentaire, s’agissant des relations commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis, la balance penche trop en faveur de l’Europe. Donc, le projet du TAFTA est de compenser en nous forçant à subir l’importation de denrées américaines produites aux USA selon des normes américaines. Le hic, c’est que ces normes, à ce jour, ne sont pas recevables chez nous.
Prenons le fameux « principe de précaution »  qui représente l’obstacle le plus important aux exportations des produits américains dans l’Union Européenne. Lorsqu’un produit est suspecté dangereux, il ne reçoit pas son autorisation de mise sur le marché, la preuve scientifique ne doit pas être apportée. Les entreprises américaines veulent supprimer ce principe de précaution pour ne plus se baser que sur la preuve scientifique de l’innocuité du produit. Il leur suffira dès lors de payer des études qui iraient dans le sens escompté pour que les produits concernés puissent passer nos frontières.
Ceci vaut par exemple pour les produits chlorés avec lesquels on traite  outre Atlantique porcs et poulets, pour des additifs alimentaires donnés aux animaux d’élevage, également pour la fameuse hormone de croissance ajoutée à leur alimentation. Ce n’est pas tout, le TAFTA  vise également  la suppression d’obligation  de traçabilité des produits, notamment en matière de présence d’OGMs.
Prendre en considération le bien-être moral des animaux d’élevage ? Aucune preuve scientifique ne prouve que les animaux souffrent quand on les torture (sic !), donc, dans le cadre du TAFTA, la demande est non recevable. Et c’est la porte ouverte à de  nouvelles, futures fermes-usines, encore pires que celles qui existent déjà.
Da-a-a-a-llas, ton univers impitoya-a-a-bl-l-le…
Il va sans dire que ces normes, qui risqueraient de nous être imposées, déjà délétères, subiraient encore par la suite une lente et inévitable érosion, dans le sens toujours des intérêts de l’industrie agro-alimentaire et absolument contre les intérêts des consommateurs.
Bon, on n’est pas blanc-bleu non plus, quand on voit toute cette masse de produits dénaturés et toxiques qui se bousculent déjà dans nos assiettes d’Européens lambda, malgré nos aimables principes de précaution et autres, faut pas se demander ce qui risque de nous tomber sur le râble avec de nouvelles normes revues encore à la baisse.  C’est pas non plus comme si nous étions des premiers de classe. Ou alors, il faut se dire, mais on plonge dans un égoïsme qui n’est pas de mise,  que, heureusement, il reste le bio et tant pis pour les autres. Les autres qui d’ailleurs semblent s’en soucier aussi peu que du fond du leur premier biberon. Prononcez TAFTA autour de vous, personne ne semble au courant. Les Diables Rouges, oui. Florence Arthaud, on a tout suivi,  mais le TAFTA… Une sorte de tissu un peu raide quand on le froisse ?? Vois pas, déso.
C’est pas une raison de se la jouer en solo. Plutôt une bonne raison au contraire d’en parler et de faire circuler l’info. De  signer et de faire signer la pétition qui circule actuellement pour demander un arrêt pur et simple des négociations. Nous nous sommes levés pour les abeilles, l’opération semble réussir et c’est tant mieux pour nous tous puisque notre survie  dépend de la leur. Donc le pouvoir de réaction, on l’a, reste plus qu’à l’utiliser. On n’attend pas, on fonce.Pour visualiser et signer la pétition, cliquer ici
Martine Fallon
Votre agitatrice de molécules préférée pour une fois très énervée

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